vendredi 18 octobre 2019

Printemps 1885 - Martial & Léonie (5)

 [DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (5/5)

Pour la première fois depuis leur mariage, Léonie se leva avant son mari qui cuvait son vin à ses côtés en ronflant bruyamment. Elle ne savait pas si elle devait se fâcher ou s'attendrir de cette situation. Pour la première fois, il lui apparut vulnérable. Était-ce dû à cette mèche fauve qui lui barrait le front ? Ce bras qui pendait mollement hors du lit ? Ou ce caleçon qui s'était malencontreusement ouvert sur l'arrière, révélant la partie la plus charnue de son individu ? Ses yeux revenaient sans qu'elle le veuille à ce morceau de chair rebondi, aussi tentant qu'une belle pomme à croquer.

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (5/5)

Elle se rapprocha du lit, s'agenouilla à hauteur de son visage qu'elle contempla attentivement. Même privé de son magnifique regard pers, les traits ne perdaient rien de leur beauté, paraissant juste plus virils qu'à l'ordinaire. Elle cueillit entre les siennes la grande main meurtrie de cals qui pendait dans le vide, la porta à ses lèvres. A cet instant, elle avait envie qu'il s'éveille, juste pour avoir le plaisir de sentir peser sur elle son regard bienveillant.

mardi 13 août 2019

Printemps 1885 - Martial & Léonie (4)

 [DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (4/5)

Comme elle lui avait demandé la veille, Martial réveilla sa femme sitôt levé. L'aube pointait à peine, grelottante et déjà noyée de pluie, donnant envie à Léonie de rester enfouie sous les draps. Mais, se rappelant ses résolutions, elle se força à s'extraire de la chaleur du lit.

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (4/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (4/5)

Martial s'était dirigé vers l'étable pour la nettoyer et Léonie entreprit de préparer le petit-déjeuner : elle mit la soupe à réchauffer et commença à faire revenir dans une grande cocotte un peu de graisse de confit, des champignons secs, de l'ail et du persil, du petit lard. Aux œufs battus, elle ajouta beaucoup de mie de pain et de bouillon. Elle sursauta de surprise quand elle avisa à ses côtés la présence de son mari qu'elle n'avait pas entendu approcher. Il avait fini sa corvée et venait de se laver les mains et le visage à la pompe. Elle pouvait sentir l'odeur du savon flotter jusqu'à ses narines.

« Sa-sa-sa-ça sent drôlement b-b-b-bon », la complimenta-t-il sur un ton gourmand.

Elle leva les yeux vers lui qui la dépassait d'une bonne tête. Elle ne cessait de se sentir troublée par la manière dont il remplissait l'espace, comme s'il lui offrait comme sauvegarde la force discrète de son grand corps d'homme. Elle se força à reprendre la préparation du repas en priant pour ne pas le gâter. Avant même qu'elle ait pu protester, Martial s'était mis à dresser la table en sifflotant un air inconnu et joyeux. Enfin, elle servit le tout, bien doré et bien croustillant, dont son mari fit de grosses tranches qu'il distribua équitablement.

dimanche 14 juillet 2019

Printemps 1885 - Martial & Léonie (3)

 

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5) [DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

Léonie émergea du sommeil au mitan du jour. Deux semaines s'étaient écoulées depuis les paroles réconfortantes que Martial Lambert avait prononcées le lendemain de leur nuit de noce et, malgré la délicatesse dont il l'entourait, Léonie était continuellement habitée par le chagrin. Elle ne se plaisait pas du tout dans la ferme de son mari et ne pouvait s'empêcher de pleurer en cachette chaque matin à son réveil. En dépit de tous ses efforts, elle n'arrivait pas à se raisonner ni à s'habituer à la rusticité de sa nouvelle vie. Elle se sentait d'autant plus malheureuse que Martial Lambert ne ménageait pas sa peine pour lui faciliter la vie à la ferme. Peut-être trop d'ailleurs. Car son mari, avec sa discrétion habituelle, n'avait cessé depuis le début de leur vie conjugale d'accomplir les diverses tâches dévolues à sa femme. Sa prévenance et sa gentillesse, au lieu de la soulager de sa peine, contribuaient à sa mélancolie en la laissant presque continuellement désœuvrée. Léonie, la plupart du temps oisive, se sentait oppressée dans la sombre et grande pièce à vivre. Elle n'y restait que le temps nécessaire à accomplir les rares corvées que Martial avait oubliées, et, par anticipation, redoutait le moment où la mauvaise saison reviendrait, l'obligeant à rester enfermée.

lundi 1 avril 2019

samedi 27 octobre 2018

Oyez oyez ! [Contribution clôturée]

 

Appel à la populassionne des simmers !


[DC] Oyez oyez !

Comme j'ai envie de consacrer mon temps libre à l'écriture de la suite de mon Decade plutôt qu'à la création des deux nouveaux personnages (figurants) dont j'ai besoin pour les MAJ 4 et 5, j'en appelle à vot' bon coeur !

J'aurais donc besoin de deux simettes figurantes :

  • l'amie de Léonie, du même âge qu'elle donc (20 ans), mariée à un homme de la petite bourgeoisie, de caractère doux (elle n'est pas obligée d'être jolie)
  • une des ex cavalières de Martial quand il participait aux bals du village, du même âge que lui (26 ans), un peu fière et moqueuse, plutôt jolie

Si vous n'avez pas les habits d'époque, ce n'est pas un problème, je les rhabillerai moi-même !

Par contre, vous devez garder à l'esprit avant de me céder vos simettes qu'elles risquent d'être malmenées par mon histoire ou de ne pas apparaître sous leur meilleur jour, donc il faudrait que vous n'y soyez pas trop attaché ou que vous ayez assez de recul pour accepter l'usage que j'en ferai ! 😅

A l'avance merci pour votre aide et votre contribution ! 😚

EDIT : j'ai oublié de préciser que ce serait un rôle parlant ! 😏

EDIT 2 : merci à Agathe2013 et L'arbre en boule... Nicole, je retiens ta proposition pour les prochaines fois, car j'aurai à nouveau besoin de figurants (et toujours pour un rôle parlant)

jeudi 25 octobre 2018

Printemps 1885 - Martial & Léonie (2)

 

Printemps 1885 - Martial & Léonie (2/5)

N'avoir pour patron que le vent, la pluie et les saisons convenait parfaitement à Martial Lambert, même si, les mauvaises années, ses efforts pouvaient être réduits à néant. Mais au moins, il n'y avait plus de contremaître pour l'obliger à accomplir des tâches dangereuses, comme ramper sous un métier en marche ou grimper dessus pour replacer sur l'axe la courroie de transmission, ignorant sciemment son statut d'enfant. Il n'avait plus à subir toute cette insouciance criminelle, due à l'appât du gain et cause d'accidents affreux, comme celui qui avait coûté la vie au fiancé de sa sœur et un bras à son père.

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (2/5)

Il arrêta brusquement la cognée, surpris de repenser à cette tragédie qui amènerait immanquablement les souvenirs douloureux de tous les autres malheurs qui en avaient découlé. Or, il refusait de se laisser rattraper par les fantômes du passé. Il venait d'épouser la femme dont il était profondément épris. Il l'avait quittée à la pointe de l'aube mais à cet instant, il n'avait qu'une hâte : se retrouver dans l'angle de son regard, à portée de sa voix, attendant d'être entendu jusque dans ses silences. Il se sentait tellement frustré de ne pouvoir lui parler sans bégayer, de ne pouvoir lui dire tout ce qu'elle lui inspirait de doux et de délicat, tous ces espoirs d'un foyer heureux et chaleureux rempli par les rires de leurs enfants.

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (2/5)

Il se laissa glisser le long de l'arbre, s'adossa au tronc. Penser à elle avait fait accélérer les battements de son cœur et affluer les merveilleuses images de sa journée de mariage. Sa danse avec Léonie, si éclatante de beauté dans sa robe de mariée, le front ceint d'une couronne de fleurs dont le parfum enivrant flottait encore à ses narines. Le baiser qu'il lui avait donné après l'échange des anneaux et cette furtive mais délicieuse étreinte qui étaient pour lui le début d'un langage. Et puis... et puis... dans les ténèbres de la chambre, la trouée blanche de sa chemise de nuit qui l'avait guidé jusqu'au lit.

Printemps 1885 - Marthe (6)

Marthe déposa le plateau du petit-déjeuner sur la crédence près du lit avant de se diriger vers les fenêtres dont elle tira le...