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mardi 13 août 2019

Printemps 1885 - Martial & Léonie (4)

 [DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (4/5)

Comme elle lui avait demandé la veille, Martial réveilla sa femme sitôt levé. L'aube pointait à peine, grelottante et déjà noyée de pluie, donnant envie à Léonie de rester enfouie sous les draps. Mais, se rappelant ses résolutions, elle se força à s'extraire de la chaleur du lit.

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (4/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (4/5)

Martial s'était dirigé vers l'étable pour la nettoyer et Léonie entreprit de préparer le petit-déjeuner : elle mit la soupe à réchauffer et commença à faire revenir dans une grande cocotte un peu de graisse de confit, des champignons secs, de l'ail et du persil, du petit lard. Aux œufs battus, elle ajouta beaucoup de mie de pain et de bouillon. Elle sursauta de surprise quand elle avisa à ses côtés la présence de son mari qu'elle n'avait pas entendu approcher. Il avait fini sa corvée et venait de se laver les mains et le visage à la pompe. Elle pouvait sentir l'odeur du savon flotter jusqu'à ses narines.

« Sa-sa-sa-ça sent drôlement b-b-b-bon », la complimenta-t-il sur un ton gourmand.

Elle leva les yeux vers lui qui la dépassait d'une bonne tête. Elle ne cessait de se sentir troublée par la manière dont il remplissait l'espace, comme s'il lui offrait comme sauvegarde la force discrète de son grand corps d'homme. Elle se força à reprendre la préparation du repas en priant pour ne pas le gâter. Avant même qu'elle ait pu protester, Martial s'était mis à dresser la table en sifflotant un air inconnu et joyeux. Enfin, elle servit le tout, bien doré et bien croustillant, dont son mari fit de grosses tranches qu'il distribua équitablement.

dimanche 14 juillet 2019

Printemps 1885 - Martial & Léonie (3)

 

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

[DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5) [DC] Printemps 1885 - Martial & Léonie (3/5)

Léonie émergea du sommeil au mitan du jour. Deux semaines s'étaient écoulées depuis les paroles réconfortantes que Martial Lambert avait prononcées le lendemain de leur nuit de noce et, malgré la délicatesse dont il l'entourait, Léonie était continuellement habitée par le chagrin. Elle ne se plaisait pas du tout dans la ferme de son mari et ne pouvait s'empêcher de pleurer en cachette chaque matin à son réveil. En dépit de tous ses efforts, elle n'arrivait pas à se raisonner ni à s'habituer à la rusticité de sa nouvelle vie. Elle se sentait d'autant plus malheureuse que Martial Lambert ne ménageait pas sa peine pour lui faciliter la vie à la ferme. Peut-être trop d'ailleurs. Car son mari, avec sa discrétion habituelle, n'avait cessé depuis le début de leur vie conjugale d'accomplir les diverses tâches dévolues à sa femme. Sa prévenance et sa gentillesse, au lieu de la soulager de sa peine, contribuaient à sa mélancolie en la laissant presque continuellement désœuvrée. Léonie, la plupart du temps oisive, se sentait oppressée dans la sombre et grande pièce à vivre. Elle n'y restait que le temps nécessaire à accomplir les rares corvées que Martial avait oubliées, et, par anticipation, redoutait le moment où la mauvaise saison reviendrait, l'obligeant à rester enfermée.

samedi 28 juillet 2018

Un mariage de printemps - 4

 

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (4/5)

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (4/5) [DC] Prologue : Un mariage de printemps (4/5)

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (4/5)

Les deux mariés, assis à la table d'honneur, ne s'adressaient pas la parole, gênés de se sentir comme deux étrangers. Que pourraient-ils bien se dire ? Etaient-ils d'ailleurs obligés de parler ? Martial, qui, complexé par son handicap, redoutait de rebuter sa jeune épouse, se sentait en outre engoncé dans ce trop beau costume qu'il n'avait pas l'habitude de porter. Son beau-père avait absolument tenu à le lui offrir afin qu'il fasse honneur à sa fille. Martial avait été étonné par ce geste généreux, qui ne ressemblait guère aux habitudes de Léonce Lesaunier, réputé près de ses sous et continuellement occupé à faire fructifier son bien bannissant toute dépense inutile.

mercredi 25 juillet 2018

Un mariage de printemps - 3

 [DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

Et maintenant, elle se tenait devant son fiancé, qui semblait encore plus nerveux qu'elle, mais beaucoup plus comblé. Elle fut un instant tentée de dire "non" au moment de l'échange des consentements, mais la présence subtilement menaçante de son père l'en dissuada.

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

C'était la première fois que Léonie voyait son fiancé d'aussi près. Bien à contre-cœur, elle fut obligée de reconnaître que sa mère avait eu raison de le qualifier de "très bel homme". Quel dommage qu'il fût d'un rang social si inférieur au sien en plus d'être affublé de ce ridicule bégaiement !

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

Quand leurs mains se joignirent, elle sentit celles de Martial Lambert trembler légèrement entre les siennes. Il la couvait en outre d'un regard adorateur qui lui fut odieux sans qu'elle sache pourquoi. Après tout, ils ne se connaissaient pas, il n'avait aucun droit de la regarder ainsi...  Ah si, il avait payé cinq acres de riches et grasses terres pour ce faire...

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

Par réflexe, elle retira brutalement ses mains de cette étreinte, mettant son fiancé dans l'embarras. Quelques secondes passèrent sans dissiper la gêne presque palpable qui s'installait. Martial ne savait comment réagir, déstabilisé par le comportement ouvertement hostile de sa fiancée. Enfin, il se décida à lui parler :

«P-p-p-p-p-p-uis-je vous passer cet aha-aha cet anneau au doigt ?»

Léonie inclina la tête dans un faux geste de soumission, mais au moment où Martial poussait l’anneau jusqu’à la troisième phalange, la jeune fille plia le doigt comme pour lui dénier la maîtrise de leur futur foyer.

Léonie avait agi ainsi par pure provocation mais elle ne s'attendait certes pas à ce que son mari réagisse de manière aussi gentille. Offrait-on un sourire bienveillant à la femme qui venait clairement de vous signifier que c'est elle qui porterait la culotte ? Mais rien n'aurait pu entamer le bonheur de Martial qui venait de s'unir à la femme dont il était si profondément amoureux. Comme il se penchait pour l'enlacer, il s'enhardit jusqu'à sceller leur baiser d'une promesse solennelle :

«J'-en-j'en... j'en-j'en... j'emploierai toute ma vie à v-v-v-vous rendre heureuse...»

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

Le baiser qu'il lui donna était timide et maladroit mais les deux mains chaudes qu'il avait plaquées sensuellement sur la nuque et la taille de sa jeune épouse exprimaient la passion qui l'animait. Bien malgré elle, Léonie se sentit toute troublée.

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

Après l'inévitable baiser traditionnel,  Martial, le cœur noyé d'extase, ne put s'empêcher de se laisser aller à une familiarité de mauvais aloi : il embrassa sa femme tendrement sur la joue devant toute l'assistance.

[DC] Prologue : Un mariage de printemps (3/5)

 Ce geste intime, c'était terriblement indécent ! Quel rustre !


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Printemps 1885 - Marthe (6)

Marthe déposa le plateau du petit-déjeuner sur la crédence près du lit avant de se diriger vers les fenêtres dont elle tira le...